PHILIPPE JOZELON

PHILIPPE JOZELON  est né en 1966 en Suisse et diplômé Illustrateur – Concepteur de l’Ecole Emile Cohl (Lyon) en 1987, Philippe JOZELON démarre son parcours artistique comme peintre décorateur à Paris. A partir de 1995,  il crée ses premières illustrations pour les éditions Hachette Jeunesse, Bayard Jeunesse et Gallimard. C’est aux éditions Fleuve Noir, en 1997, que JOZELON rencontre Christian Garraud et François Ducos qui lui confient l’intégralité des illustrations de couverture de la collection Bibliothèque du Fantastique et surtout de la série de SF La Compagnie Des Glaces de G. J. Arnaud. Parallèlement à ses activités d’illustrateur, Philippe JOZELON poursuit ses recherches graphiques de manière plus libre et sans concession au travers de nombreuses œuvres personnelles qui mêlent érotisme sulfureux et nature en putréfaction. Ses thèmes de prédilection sont les paysages organiques, les maisons abandonnées, les textures et cicatrices. Depuis 2001, il enseigne également l’Illustration et l’art du rapport Texte / Image à l’Ecole Créapole (Paris), à l’école MJM Nantes, à l’école PIVAUT Nantes et à l’EPAC (Suisse).
Prix Ozone de la meilleure illustration, en 1998.
Grand Prix de l’Imaginaire pour les illustrations de La Compagnie Des Glaces, au Fleuve Noir, en 1999.
Exposition « Hantises » à la galerie Manjari and Partners en  mars 2018
Exposition « Racines » à la galerie Manjari and Partners en février 2019
Exposition « Shooteur du Chaos » Manjari and Partners en décembre 2019- janvier 2020

HANTISES

(2012 – 2018)

Un retour vers l’enfance

En vieillissant, nous avons toutes et tous la tentation de retrouver l’enchantement de notre enfance, qu’elle ait été difficile ou tragique, limpide ou merveilleuse. La mienne a été tout à la fois. Une solitude d’un garçon adolescent muet qui se perdait volontairement dans la campagne du Périgord, entre forêts épaisses et vestiges de châteaux disparus. Dans ces vagabondages solitaires, je devenais un animal sauvage et rêveur: je reniflais la mousse des arbres antiques, je sniffais les odeurs sensuelles de l’été et surtout, je voyais des choses furtives et inquiétantes. Je devinais des présences à peine perceptibles, ni hostiles, ni avenantes… elles étaient là, partout, dans TOUT. Je recherchais avec obstination les ruines antiques que mon intuition romanesque m’indiquait. Et, parfois, j’attendais que les portes du Château s’ouvrent à moi, en vain. Cette enfance a été furieusement heureuse en fin de compte . Quarante ans plus tard, mon exode vers la bonne ville de Tonnerre (Yonne) m’a obligé à accepter cette terrible vérité: pour retrouver une forme de renouveau artistique vital, il fallait que je renoue avec ces sensations d’enfance, de contemplation active et créative.

Tonnerre est une très ancienne cité déglinguée où les siècles s’entrechoquent douloureusement. L’ eau turquoise de la Fosse Dionne, les pierres , les terres, les voies romaines et médiévales qui traversent les forêts tonnerroises et l’histoire tragique des hommes m’ont submergé. Ca y est, j’avais retrouvé mes présences ! J’avais enfin mes Hantises !!!! Les maisons abandonnées, les lits glacés et poussiéreux, les charpentes usées, les papiers peints désuets me faisaient signe, et sens ! Ici et là un gorille inattendu, une femme dénudée, des racines en apesanteur, un cocon végétal frémissant…

Aujourd’hui, maintenant, j’ai retrouvé mon chemin de rôdeur, et vous pouvez me suivre.

Philippe Jozelon

Saint Vinnemer, le 14 janvier 2018.

HANTISE