PAPERWORK

Dark thoughts, lightly rendered
Exposition du 14 septembre au 15 octobre 2022

Si de notre côté de l’Atlantique, nous connaissons le travail de John Cuneo à travers ses unes du New Yorker, aux États-Unis, il est considéré par ses pairs comme l’un des meilleurs dessinateurs satiriques de son pays. Dûment récompensé par une dizaine de médailles d’or et d’argent par la prestigieuse Société des Illustrateurs tout au long de sa carrière, ainsi que le prix Hamilton King en 2012, John Cuneo explore avec humour tous les aspects des relations humaines. Sexuelles, familiales, amicales, professionnelles, tout à la fois parfois. L’artiste avoue ne pas être des plus à l’aise en société, il est pourtant doté d’une compréhension et d’une psychologie de l’humain à vous faire rougir. John Cuneo observe les faiblesses et les égos, les fêlures et les échecs de notre société, qu’il dévoile à l’encre et aquarelle sur des feuilles volantes et centaines de carnets de croquis. Toujours avec humour, une certaine délicatesse et un bon kilo de sarcasme. Animaux anthropomorphiques, scènes loufoques sans queue, ni tête viennent ponctuer son œuvre pour un instant de respiration. L’artiste vous livre ici toute l’étendue de son talent : acerbe, complexe, entier.

Pour John Cuneo, le dessin est compulsif. Il est même bien plus que ça. L’artiste noircit ses carnets dont il aime l’intimité. Un cocon rassurant dans lequel il se réfugie avec délectation et frustration, souvent. Le carnet est pour lui tout autant une discipline, qu’une méditation.
Le dessin est « une compulsion, c’est sûr. Une vocation, peut-être. (…) c’est un acte solitaire, et pour les gens qui ont des aptitudes sociales peu développées, il peut servir de refuge, d’endroit où se cacher. Je suis reconnaissant pour ça. »

Un trait tremblant délibéré, expressions faciales inhabituelles, proportions malmenées, le dessin de Cuneo interroge et bouleverse les codes classiques. Il chahute un moment, avant d’atteindre au regard du public fasciné et médusé, une sophistication déroutante.

« Paperwork » est né de volontés passionnées. Celle de Jean-Marie Vives, grand admirateur depuis presque 40 ans. Celle de John Cuneo, s’assurant un challenge à la hauteur : exposer son œuvre pour la première fois en Europe.
Si l’on osait, une première mondiale puisque jamais une exposition dédiée aux œuvres de l’artiste, n’a été réalisée. Une performance avant même l’heure du vernissage, puisque c’est par pas moins de 170 échanges d’emails que cette sublime exposition a vu le jour.

  Anne-Erell Le Bronnec

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Certains dessins exposés font partis de sa collection personnelle et ne seront pas mis en vente.

Par contre un catalogue à tirage limité, reprenant la totalité des œuvres exposées sera disponible à la vente.